Dans le cas de certaines maladies comme le cancer, certaines assurances ne peuvent plus demander d’informations après un délai légal.
Un droit méconnu dans les cas de cancers
En France, 5 millions de personnes vivent avec ou après un cancer. Pourtant, beaucoup d’entre elles se heurtent à des refus d’assurance (emprunteur, prévoyance, voyage) en raison de leur antécédent médical. Le droit à l’oubli permet aux anciens malades atteints de cancer de ne plus déclarer leur pathologie après un certain délai, facilitant ainsi l’accès aux contrats d’assurance. Ce droit, souvent méconnu, concerne aussi d’autres maladies chroniques (VIH, hépatite C, etc.).
Dans cet article, nous expliquerons les sujets suivants :
- Ce qu’est le droit à l’oubli et son origine ;
- Les maladies et délais concernés (cancers, VIH, hépatites) ;
- Comment en bénéficier (démarches, preuves à fournir) ;
- Les assurances concernées (emprunteur, prévoyance, dépendance) ;
- Les limites et exceptions ;
- Des témoignages et cas concrets pour illustrer son application.
Qu’est-ce que le droit à l’oubli ?
Définition et principe
Le droit à l’oubli permet à une personne guérie d’une maladie grave (ex : cancer, VIH) de ne plus la déclarer lors de la souscription d’une assurance, après un délai sans récidive. Cela signifie que :
- L’assureur ne peut plus poser de questions sur cette maladie ;
- Aucune surprime ou exclusion ne peut être appliquée en raison de cet antécédent.
Exemple : Un ancien patient guéri d’un cancer du sein depuis 5 ans n’a plus à le mentionner dans un questionnaire médical pour une assurance emprunteur.
Origine et évolution légale
- 2016 : Première loi sur le droit à l’oubli pour les cancers pédiatriques (délai de 5 ans).
- 2022 : Extension à tous les cancers (délai réduit à 5 ou 10 ans selon les cas) et à d’autres maladies (VIH, hépatite C).
- 2025 : Nouveaux assouplissements prévus (ex : délai réduit à 3 ans pour certains cancers).
Pourquoi ce droit existe-t-il ?
1. Lutter contre les discriminations :
- Les anciens malades étaient souvent pénalisés (refus, surprimes) malgré leur guérison.
2. Encourager la réinsertion :
- Permettre l’accès au crédit, à l’assurance, et à la vie normale après la maladie.
3. S’appuyer sur les progrès médicaux :
- Les taux de guérison ont fortement augmenté (ex : 90 % pour le cancer du sein détecté tôt).
Chiffre clé : Avant 2022, seulement 30 % des anciens malades obtenaient une assurance emprunteur sans surprime. Aujourd’hui, ce taux dépasse 70 %.
Quelles maladies sont concernées par le droit à l’oubli ?
Les cancers
| Type de cancer | Délai d’oubli | Conditions |
|---|---|---|
| Cancer pédiatrique (avant 18 ans) | 5 ans | Fin du traitement et absence de récidive |
| Cancer du sein | 5 ans | Tumeur de moins de 2 cm et sans métastase |
| Cancer de la prostate | 5 ans | Score de Gleason < 7 et traitement localisé |
| Cancer de la thyroïde | 5 ans | Sans récidive après thyroïdectomie |
| Lymphome de Hodgkin | 5 ans | Stades précoces (I ou II) |
| Autres cancers (poumon, côlon, etc.) | 10 ans | Sauf exceptions (ex : leucémie aiguë : 10 ans |
Autres maladies concernées
| Maladie | Délai d’oubli | Conditions |
|---|---|---|
| VIH | 5 ans | Charge virale indétectable depuis 6 mois |
| Hépatite C | 10 ans | Guérison confirmée par test PCR négatif |
Comment bénéficier du droit à l’oubli ?
Vérifier les conditions
1. Délai écoulé depuis la fin du traitement :
- Ex : 5 ans pour un cancer du sein, 10 ans pour un cancer du poumon.
2. Absence de récidive :
- Confirmée par un certificat médical.
3. Type de contrat :
- Le droit s’applique aux assurances emprunteur, prévoyance, et dépendance, mais pas toujours aux assurances voyage (à vérifier).
Preuves à fournir :
- Certificat de fin de traitement ;
- Compte-rendu d’oncologue (pour les cancers) ;
- Test PCR négatif (pour l’hépatite C ou le VIH).
Exemple de certificat : "Je soussigné, Dr [Nom], certifie que [Nom du patient] a terminé son traitement pour un cancer du sein en [date] et ne présente aucune récidive depuis [5 ans]."
Démarches pour en bénéficier
- Ne pas déclarer la maladie dans le questionnaire médical si le délai est écoulé ;
- Conserver les preuves (certificats, bilans) au cas où l’assureur demanderait des justificatifs ;
- En cas de doute, demander un avis à son médecin ou à une association (ex : Ligue contre le cancer).
Attention, ne pas mentir : Si le délai n’est pas écoulé, déclarez la maladie pour éviter un refus de couverture.
Les assurances concernées par le droit à l’oubli
Assurance emprunteur
- Obligation légale : Les banques et assureurs ne peuvent plus refuser un prêt ou appliquer une surprime après le délai d’oubli.
- Convention AERAS : Pour les délais non écoulés, cette convention permet une couverture avec surprime limitée.
Exemple : Un emprunteur guéri d’un cancer depuis 4 ans (délai : 5 ans) doit encore le déclarer, mais peut bénéficier d’une surprime plafonnée via AERAS.
Assurance prévoyance et dépendance
- Droit applicable si le délai est respecté ;
- Sinon : Possibilité de souscrire via des contrats spécifiques (ex : Predica pour les anciens malades).
Exemple : Un homme de 50 ans, guéri d’un cancer de la prostate depuis 6 ans, souscrit une assurance dépendance sans surprime.
Assurance vie et décès
- Pas de questionnaire médical pour les contrats < 200 000 € ;
- Pour les montants supérieurs : Le droit à l’oubli s’applique après le délai légal.
Exemple : Une femme de 45 ans, guérie d’un lymphome depuis 7 ans, souscrit une assurance vie de 300 000 € sans déclarer son antécédent.
Attention : pas de droit à l’oubli pour l’assurance voyage
- Attention, il n’y a pas de droit à l’oubli automatique automatique : chaque assureur fixe ses règles.
- Solution : Fournir un certificat de stabilité.
Les limites et exceptions du droit à l’oubli
Délais non écoulés
Si le délai n’est pas atteint, vous devez déclarer la maladie.
Maladies non couvertes
La majorité des pathologies ne bénéficient pas du droit à l’oubli :
- Maladies chroniques (ex : diabète, sclérose en plaques) ;
- Cancers métastatiques ;
- Troubles psychiques (dépression, bipolarité).
Témoignages et cas concrets
Exemple 1 : Cancer du sein et assurance emprunteur
Claire, 38 ans, guérie d’un cancer du sein depuis 6 ans.
- Problème : Sa banque lui demande une surprime de 100 % pour son prêt immobilier.
- Solution : Elle invoque le droit à l’oubli (délai : 5 ans) et obtient un contrat standard.
- Économie : 12 000 € sur la durée du prêt.
"Sans ce droit, j’aurais dû renoncer à mon projet d’achat."
Exemple 2 : VIH et assurance vie
Ludovic, 40 ans, sous traitement pour le VIH avec une charge virale indétectable depuis 2 ans.
- Problème : Refus de plusieurs assureurs pour une assurance vie.
- Solution : Après 5 ans de traitement stable, il souscrit un contrat sans surprime via AXA.
- Capital assuré : 200 000 €.
"Enfin, je peux préparer l’avenir de mes enfants sans stress."
Exemple 3 : Hépatite C et assurance dépendance
Jean, 55 ans, guéri d’une hépatite C depuis 12 ans.
- Problème : Son assureur refuse de lever l’exclusion "maladies du foie".
- Solution : Il saisit le médiateur et obtient une couverture complète.
"J’ai dû insister, mais ça en valait la peine."
Les progrès à venir
Réduction des délais
- Projet de loi : Passer de 10 à 5 ans pour la plupart des cancers ;
- Extension à d’autres maladies (ex : sclérose en plaques).
Harmonisation européenne
Discussions en cours pour un droit à l’oubli similaire dans toute l’UE.
Conclusion : Un droit qui change la vie, à faire valoir !
Le droit à l’oubli est une avancée majeure pour les anciens malades atteint de cancer.
Pour en bénéficier :
- Vérifiez le délai applicable à votre maladie ;
- Ne déclarez pas votre antécédent si le délai est écoulé.
Dernier conseil
Si vous êtes dans une période de transition (ex : 4 ans sur 5 de délai), anticipez :
- Conservez tous vos certificats médicaux ;
- TComparez les offres via un courtier spécialisé comme Prosper&Co.
Faites valoir vos droits !